Moniale : Making-of

Moniale : Making-of

«À ce moment-là, la victoire étant à portée de main, je vis la Nephalem sous un nouveau jour : C’est une héroïne capable de vaincre les champions des Cieux et des Enfers et une moniale qui protège les innocents. Mais c’est un cœur mortel qui bat dans sa poitrine, et un jour, il sera tenté de succomber à la corruption. Et ce jour venu, aura-t-elle la force d’y résister ? Ou scellera-t-elle notre destin à tous ?…»

La Moniale de Diablo 3, un projet intéressant mais plus compliqué que ce à quoi on s’attendait au départ ! Parti pour être un «costume léger», ça a finalement été un sacré challenge… surtout en terme de couture.

Au départ, ce cosplay a été réalisé pour le Comic Con Paris 2017, histoire que j’aie un costume «confortable» (comprendre par là, avec lequel je peux m’asseoir) pour être jury aux French Championships of Cosplay. Petite pression supplémentaire quand j’ai vu les jurys qui allaient m’accompagner… Riki Lecotey, costumière pour Captain America : Civil War et Avengers : Infinity Wars (#pasdepression) ainsi que Chris Donio, costumier sur Ant-Man (#troppasdepressionvraiment).

Références

Pour les références, je suis partie d’un artwork de Blizzard. La tenue ne correspond pas exactement à un modèle du jeu, mais je trouvais les détails et les différentes pièces plus sympa 😛

J’ai redessiné la plupart des éléments sous différentes vues, et en superposant les couches par étapes pour mieux cerner la composition générale du costume et identifier chaque pièce.

Concept original (Blizzard) – croquis de fabrication

Kimono

1. Patrons

Pour les parties en tissus, tous les patrons ont été réalisés à la main… Pour la plupart, j’ai d’abord dessiné des patrons en kraft avec quelques mesures prises sur moi à la volée, que j’ai reporté sur du tissu «brouillon» (vive les vieux draps). Une fois le test en tissu appliqué sur le mannequin, j’ai redécoupé certaines parties pour l’ajuster. Quand le test me convenait, je reportais le morceau de tissu sur mon papier kraft en corrigeant les endroits où j’avais fait des modifications.

Certains morceaux ont été faits avec la méthode de l’enroulage au papier cellophane + scotch, c’est le cas par exemple pour la pélerine (voir 2ème photo ci-dessous).

2. Assemblage

On reporte les patrons sur le tissu final, ici un joli coton jaune, du lin gris souris, un simili cuir toucher pêche couleur gris/beige, et un simili cuir chocolat avec un peu de grain. Et oui, vous vous rappelez quand je disais que le costume était plus compliqué qu’il en avait l’air ? On y arrive justement…

Le kimono présente au final pas mal de détails avec les différentes lignes de tissus qui s’imbriquent entre elles. Des bordures un peu partout composées de plusieurs bandes successives, des courbes, et un autre point non négligeable… la doublure !

Sur l’artwork, la pose est statique avec les jambes bien droites. Or, sur un costume il faut également prévoir l’apparence du costume avec du mouvement, et étant donné l’ouverture du kimono, on imagine bien que la doublure sera très visible. Afin de rester cohérent, on a donc pris le parti de dupliquer le kimono, et du coup les bordures de l’enfer, pour avoir le même dessin à l’intérieur (on aime se faire souffrir à priori).

En cours de route, v’la la mauvaise surprise… une erreur de calcul d’un tout petit centimètre sur une des bordures (la bordure chocolat du haut est trop large), on démonte les coutures, on refait la partie jaune du kimono (le plus grand morceau évidemment, d’où l’intérêt d’avoir toujours pas mal de rab) et on ré-assemble…

Kimono cosplay couture
gif hades hercule

Une fois les deux kimonos montés (la face extérieure et la doublure), on les assemble entre eux… et on s’amuse à surpiquer toutes les bordures entre elles pour éviter l’effet montgolfière.

Certaines parties sont trop complexes pour être assemblées à la machine (courbes, cercles, angles étroits…), du coup on passe en couture à la main #havefun

3. Weathering

Un petit coup de weathering pour rendre le tout plus harmonieux et casser l’aspect «neuf» un peu trop lisse à mon goût. J’ai foncé les bordures en simili peau de pêche avec de l’acrylique dilué pour rajouter des effets.

De même, pour la bordure de ma ceinture, sur laquelle j’ai créé un dégradé pour apporter plus de relief.

Rush oblige, je n’ai pas d’autres photos de la construction de ladite ceinture… on a utilisé 2 simili cuirs bruns avec des teintes légèrement différentes pour réaliser un serre-taille, avec des oeillets à l’arrière pour fermer avec un laçage. Le «boudin» du dessus a été fait en mousse EVA, recouvert de petites écailles en simili peau de pêche. La seule photo que j’ai trouvée, c’est celle du patron pour les écailles, allez c’est cadeau 😛

patron écaille cosplay

Pélerine

J’ai commencé par assembler la base de la pélerine en suédine rouge foncé, peint une bordure noire, avant d’appliquer la base du motif en suédine rouge clair grâce à du thermocollant.
Ensuite, les arabesques dorées ont été réalisées en mixant broderie à la machine à coudre et à la main.

Armure

1. Patrons et assemblage

Afin de fixer les épaulières, on a d’abord réalisé un harnais avec des supports en mousse dans lesquels on a collé les vis (= points de pivot).

Ensuite, arrive la partie plus fun 🙂

On a réussi à trouver un modèle 3D qui s’approchait de l’image de référence. Après quelques retouches pour corriger certaines faces, boucher les trous, etc. on a importé la pièce sous Pepakura et après un peu de boulot d’optimisation, on a pu sortir les patrons en 2D.

Une fois les formes de base assemblées, j’ai réutilisé la technique du scotch pour dessiner les détails et faire les patrons suivants.

2. Worbla’s Black Art

Il s’agit de la première pièce d’armure qu’on réalise intégralement en Worbla’s Black Art. Bien plus fin que son grand frère (le Worbla’s Finest Art), il faut toutefois se méfier car la version black déchire plus facilement. Sur une pièce avec un relief important c’est donc beaucoup plus difficile à travailler.

Le rendu final est vraiment plus lisse, et nécessite peu de ponçage (voire pas du tout selon le rendu que vous souhaitez et le type d’apprêt), mais je déconseille de l’utiliser sur des grandes pièces si vous débutez avec les thermoplastiques (à la limite, testez sur de petites pièces ou utilisez-le pour les détails).

En revanche, si vous avez l’habitude de travailler avec le Worbla’s Finest Art, n’hésitez pas à sauter le pas. Il faudra un peu se faire la main au début pour éviter les déchirures, mais une fois cet obstacle passé, vous gagnerez un temps fou sur le ponçage de vos pièces.

3. Peinture

Un peu d’apprêt, de la peinture en bombe dorée, et un bon brossage à sec à l’acrylique… dont je n’ai pas vraiment de photo, puisqu’il a été fait en rush dans la chambre d’hôtel, mais vous pouvez voir le résultat final juste en dessous 🙂

Résultat final

Marie
Marie

La créative du groupe : sculpture, dessin et peinture sont ses domaines de prédilection. Elle collectionne les comics Deadpool, aime les Walt Disney, Jurassic Park, le game design, la tisane (comme mémé) et joue occasionnellement à Minecraft (en mode créatif bien entendu !)

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